Alfred Nakache

Il y a des personnes extraordinaires de courage et d’humanité !

J’ai connu l’histoire incroyable d’Alfred Nakache à travers la biographie Le nageur de Pierre Assouline publié en 2023.
J’ai été particulièrement émue de découvrir qui se cache derrière le nom de la célèbre piscine toulousaine Nakache. Son histoire, qui l’a mené du sommet des piscines olympiques vers l’enfer des camps d’Auschwitz, est à la fois tragique et pleine de résilience.

Mémonaute : Gabrielle
Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse

Une histoire de Gabrielle
Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse

Moi, c’est Alfred Nakache. Je suis né en 1915 à Constantine, en Algérie, dans une famille juive. J’avais peur de l’eau quand j’étais enfant et pourtant je suis devenu champion de natation !
À 19 ans, j’ai déménagé à Paris pour être licencié au Racing Club de France. Il paraît que j’ai une constitution athlétique exceptionnelle : cela me permet de remporter des titres de champion de France et d’Europe !
En 1936, j’ai la chance de participer aux Jeux olympiques de Berlin ! Certains me critiquent parce que je suis juif… mais j’ai terminé 4ᵉ au relais 4 × 200 m nage libre !
En 1940, c’est la guerre. On me déchoit de la nationalité française parce que je suis un Juif d’Algérie ! Par sécurité, j’ai emmené ma femme Paule et notre petite Annie en zone libre, à Toulouse.
Cette mésaventure m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires, surtout mon entraîneur Alban Minville. En 1942, j’ai remporté 5 titres de champion de France avec les Dauphins du T.O.E.C.
C’est aussi à ce moment-là que j’ai aidé des compagnons juifs à fuir. Mais j’ai été dénoncé et la Gestapo est venue me chercher. Certains pensent que c’est un nageur jaloux de mes titres...
Le plus dur, c’est qu’ils ont pris aussi Paule et Annie… elle n’avait que 2 ans et demi ! On nous a parqués comme des animaux, direction Auschwitz. On nous a séparé dès le début.

On m’a humilié,
on m’a torturé.
Mais J’AI DÉFIÉ mes bourreaux en organisant secrètement des séances de natation avec d'autres détenus !

J’y dois MA SURVIE...

Quand j’ai pu rentrer en France en 1945, tout le monde croyait que j’étais mort. On avait même rebaptisé la piscine d’hiver de Toulouse à mon nom !
Mais j’étais bien vivant… contrairement à mes pauvres Paule et Annie qu’on m’a arraché pour toujours. J’étais brisé. La presse m’appelle « le nageur d’Auschwitz ».
Puis j’ai reconstruit ma vie. En 1948 j’ai remporté le 200 m brasse papillon aux Jeux olympiques de Londres.
Aujourd’hui, je continue de croire en l’excellence et au dépassement de soi, et j’espère que mon parcours inspire chacun à ne jamais renoncer !