Rouge & noir

L’histoire du Stade toulousain

D’un petit club artisanal étudiant au club le plus titré de France et d’Europe !

Bien que peu connaisseuse du rugby (un comble pour une Toulousaine !), je me suis passionnée pour l’histoire du Stade Toulousain en faisant des recherches pour l’exposition “Rugby à la Une !” qui a eu lieu à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse en septembre 2023 à l’occasion de l’accueil en France de la Coupe du monde de rugby.
Ce que j’aime en particulier dans cette histoire, c’est qu’elle montre comment d’un petit club artisanal étudiant devenu populaire grâce à ses victoires, le Stade Toulousain a pu devenir le club le plus titré de France et d’Europe !

Mémonaute : Gabrielle
Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse

Une histoire de Gabrielle
Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse

Venu d’Angleterre, le rugby arrive en France à la fin du 19ᵉ siècle, où il est d’abord pratiqué dans les écoles et les universités.
C’est pourquoi, à l’origine du Stade Toulousain, on trouve trois clubs étudiants de rugby : le S.O.E.T., l’U.S.E.V. et le S.A.T. Faute de stade, ils jouent sur la Prairie des Filtres.
Les trois clubs fusionnent en 1907 pour devenir le “Stade Toulousain”. Lorsque Ernest Wallon en devient le premier président, il oublie de déclarer la création en préfecture… jusqu’en 1912. Un comble pour un juriste !
Le “football-rugby”, comme on l’appelait au début du 20ᵉ siècle, désigne bien le rugby et non le football ! La confusion vient du fait qu’au 19ᵉ siècle, tous les jeux de balle au pied étaient regroupés sous le nom de “football”.
Les couleurs rouge et noir du club trouvent leurs racines dans l’origine estudiantine du rugby : elles étaient celles de l’université de Toulouse au Moyen Âge, noir pour les Arts et rouge pour le Droit. Ce sont aussi les couleurs des capitouls qui administraient la ville.
Le rugby toulousain se popularise rapidement : dès 1907, la foule se presse dans le nouveau stade des Ponts-Jumeaux. Entre 1909 et 1950, dix-sept finales du Championnat de France de rugby à XV y sont disputées.
En 1910, le demi de mêlée Alfred Mayssonnié devient le premier joueur du club sélectionné en équipe de France. Hélas, il meurt au combat en 1914. Antoine Bourdelle réalise une stèle à son effigie en 1922.
En 1912, le Stade bat le Racing (8-6) et décroche son premier bouclier de Brennus. On le surnomme alors la “Vierge rouge” en raison de son invincibilité.
Le stade des Ponts-Jumeaux accueille des rencontres internationales mémorables, comme celle du 18 janvier 1925 où l’équipe de France s’incline face aux All Blacks (30-6). Plus de 30 000 spectateurs y assistent, certains perchés dans les arbres !
Dans les années 1950, un dirigeant du club, Lucien Cézéra, crée le célèbre logo du Stade Toulousain avec les “S” et “T” entrelacés.
Cette mosaïque de la basilique Saint-Sernin de Toulouse ne vous rappelle rien ? Œuvre de Viollet-le-Duc en hommage à Saint Thomas d’Aquin, elle a inspiré l’emblème du club.
Malgré des performances à la baisse après guerre, le Stade Toulousain s’envole à nouveau vers les sommets à partir de 1980, pour devenir aujourd’hui le club le plus titré de France et d’Europe (avec vingt-quatre et six victoires) !